Source : [[How to Think Like Leonardo da Vinci]] MOC : [[PERSONAL DEVELOPMENT]] Auteur : [[Michael Gelb]] Date : 2023-12-21 *** Pour [[Léonard de Vinci]], affuter ses sens était crucial pour améliorer son expérience du monde au quotidien. Cela lui permettait en outre de percevoir le monde avec davantage de nuance et donc de développer une meilleure qualité de pensée. La vision était considéré par le Maestro comme le sens suprême, suivi de près par l'audition. Les autres sens comme le toucher, le goût et l'odorat étaient pour essentiels à cultiver également. Dans l'application, ces sens signifiaient pour lui... - **Vision :** L'art de voir, visualiser et décrire le monde, ses couleurs et ses nuances avec précision. - **Audition :** L'art d'écouter et de démêler les différentes couches de bruit ambiant, mais aussi de silence. Également l'appréciation d'une large variété de musique et des nombreuses émotions qu'elle véhicule. - **Odorat :** L'art de distinguer les différentes odeurs et leurs nuances, de les décrire avec précision et de comprendre les émotions qu'elles suscitent. - **Goût :** La pratique quotidienne de ce sens correspond à une attitude délibérée face à la nourriture. Cela consiste également à développer une certaine aptitude à goûter et à comparer différents mets et saveurs. - **Toucher :** Développer le toucher signifie toucher et ressentir en même temps, de façon consciente. Il faut également apprendre à décrire en profondeur les sensations du toucher. [[Léonard de Vinci]] considérait **la synesthésie**, c'est-à-dire l'art de combiner l'ensemble de ses sens pour percevoir le monde, comme essentielle à la *Sensazione*. Enfin, ce qui ressort particulièrement est l'importance de développer un vocabulaire riche et nuancé pour décrire ce que nous ressentons avec richesse et à grands renforts de détails. **La Sensazione comme infrastructure du goût** : l'insight clé est que la perception précède l'expression. On ne peut pas écrire de manière sensorielle si on ne *perçoit* pas de manière sensorielle. Le vocabulaire n'est pas un outil de description — c'est un outil de *perception*. Nommer une sensation avec précision change littéralement ce qu'on ressent, parce que le mot crée une distinction que le cerveau peut ensuite capter à nouveau. C'est le même mécanisme que le "Label" dans le [[Intelligence émotionnelle|RULER]] de Brackett. **Lien avec les marqueurs somatiques** : Da Vinci cultivait la Sensazione pour percevoir le monde extérieur. Mais le même entraînement s'applique au monde intérieur. Les [[4 GARDEN/Marqueurs somatiques]] de Damasio sont des signaux corporels que l'on capte d'autant mieux qu'on a un vocabulaire pour les nommer. Un écrivain qui développe sa Sensazione intérieure — distinguer "tension dans la mâchoire" de "nœud au plexus" de "accélération du souffle" — se donne les moyens de relire ses textes avec son corps, pas seulement avec sa tête. **Application à l'écriture** : la Sensazione est la couche de perception, les marqueurs somatiques sont la couche de signal, et le RULER est le pipeline de traitement. Ensemble, ils forment le protocole de [[Relecture Somatique]]. **Attention** : le vocabulaire sensoriel peut devenir un écran plutôt qu'un outil. Dire "longueur en bouche" sans rien sentir, c'est de la Sensazione inversée — le mot remplace la sensation au lieu de l'affiner. Le test : peux-tu nommer *et* pointer dans ton corps ? Voir [[Le Paradoxe du Vocabulaire-Écran]]. Voir aussi : [[4 GARDEN/Corporalita]], [[Relecture Somatique]], [[Le Paradoxe du Vocabulaire-Écran]]